J'ai couru le Cross du Mont Blanc !

Par où commencer….Un weekend hors norme, une course hors norme !

Il faut le vivre pour comprendre...

  • 8 courses,
  • 10 000 coureurs 
  • 75 nations

Chamonix baigne dans une ambiance de folie sportive pendant 3 jours

  • 8000 habitants à l’année, la population est triplée pour l’événement

Cela commence vendredi à 4h du matin par le départ des 90 km. Les coureurs arriveront dans le centre de Chamonix sous l’arche devant la petite église jusqu’au lendemain tard dans la nuit.

Le tour du cadrant pour certains ! Je suis en admiration face à ces  guerriers qui peuvent courir aussi longtemps .

Dans l’après- midi a lieu la course du Kilomètre vertical, le lendemain le Cross, MON  Cross….puis ça continue,  dimanche le fameux marathon: 42 km avec un  beau plateau d’élites.

Pendant tout le week-end, que tu sois à une terrasse de café ou que tu traverses la ville, il est inévitable de tomber sur les arrivants d’une course du week- end.

Tu entends des applaudissements qui se rapprochent petit à petit car tout le monde s’arrête pour encourager et animer les coureurs qui passent.

L’ambiance est incroyable j’en ai  la chair de poule à chaque passage de coureur tellement l’émotion est forte dans la ville.

Je l’ai vécu intensément. Ce weekend j’ai vécu 100 % trail c’était un autre monde.

Ajoutée à cela, la coupe du monde de foot et le match de la France contre l’Argentine qui faisait retentir dans Chamonix tous les cris et les applaudissements des supporters runners aux terrasses de café.

Ce weekend à Cham, tu ne croisais que des coureurs, des baskets de trail aux pieds, des montres GPS au poignet et de l’eau dans les verres. On s’hydrate avec des softs, c’est zéro alcool ici !

Séjour sportif, chaleureux, convivial.

 Je suis allée chercher mon dossard dès mon arrivée à Cham , oui maintenant je dis Cham on est intime…

On vérifie ton équipement obligatoire :

  • Une veste de pluie
  • Un sifflet
  • Une couverture de survie
  • 500 ml d’eau minimum
  • Un gobelet

Je pars donc pour Koh-Lanta, c’est assez flippant.

Tu signes même un document où tu certifies avoir pris connaissance des difficultés du parcours !

Tu vois les montagnes se dresser autour de la ville c’est déjà très beau.

Le soir, je rejoins des amis qui sont là depuis 3 jours pour notre pasta party, on trinque : à nous, à notre cross, à notre challenge de l’année.

Autant vous dire que me retrouver au beau milieu de tous ces trailers sous l'arche de départ m’a fait un peu paniquer. Je ne me suis pas vraiment sentie à ma  place. Puis finalement pourquoi ce ne serait pas ma place, il faut se la faire cette place !

J'ai couru le Cross du Mont Blanc !

Puis nous y voilà : Samedi matin, 7h30, je me retrouve au départ, c’est magnifique, c’est vert et montagneux.

Je retrouve quelques run friends d’Instagram que j’ai toujours beaucoup de plaisir à croiser.

D'un coup, c’est le gros stress, je pars vers l’inconnu, le speaker demande au sas de faire une belle allée pour 3 vétérans qui ont couru le cross de Mont Blanc 40 fois depuis l’existence  de la course : séquence émotion ! Grosse ambiance.

On part ! Junior me souhaite bonne course et un joyeux anniversaire et file. On est le 30 juin et c’est effectivement mon anniversaire, mais j'avais d'autres préoccupations dans l’immédiat face à ma montagne.

Je suis obsédée par les barrières horaires, je n’ai jamais été confrontée à cette contrainte horaire. Je veux arriver à temps mais quand tu pars dans l’inconnu tu ne sais pas ce qui t’attend.  2h30 pour faire 13 km quand même c’est énorme. Que se cache-t-il sous ce parcours pour avoir besoin de 2h30 ?

Comme on me l'a dit effectivement, c’’est assez roulant sur cette première partie. Alors attention, il faut lire entre les lignes. "c’est roulant" en trail ça veut dire "pas d'escalade en perspective" ! Tu montes quand même, t’es à la montagne ce sont des faux plats montants on est d’accord. Je rétablis la vérité ! C’est roulant comme un trail dans la région parisienne voilà !

On monte un peu, on court 3 km puis  une petite côte arrive,  beaucoup de coureurs ralentissent dont moi. Je m’économise. On ne sait pas ce qu’il y a derrière.

Les km s’enchaînent. On marche un peu aussi parfois : certaines montées sont courtes mais un peu raides. Un coach de trail m’avait dit un jour : "En trail, on marche sur les côtes raides si on ne s’appelle pas Kilian Jornet et on relance après. Si tu te crames sur la côte ensuite c’est mort." OK chef !

On traverse un village, ça descend tout le monde déroule. On est bien, on voit les vaches… les photographes…les paysages.  A ce moment, les coureurs se parlent, tout le monde est encore frais.

Ensuite, on rentre de nouveau dans la forêt. C’est à l’ombre , c’est agréable... et ça commence à  monter.

Je réalise qu’on s’approche de la premier barrière horaire et que je suis plutôt pas mal niveau timing, 12,4 km (13km à ma montre Garmin) je passe le ravito et la première barrière horaire en 2h. J’ai 30 minutes d’avance, je suis plutôt contente. Ce sera toujours 30 min de plus pour la suite, que tout le monde s’accorde à dire plus difficile.

Je remplis mes flasques d’eau fraîche dans des grands bidons d’eau de la montagne.

Je mange un Tuc, je bois un verre de coca avec mon gobelet... voilà à quoi servait le gobelet obligatoire.

Je range tout après 5 minutes et je repars.

J'ai couru le Cross du Mont Blanc !
J'ai couru le Cross du Mont Blanc !

Nous voilà partis dans le dur de la course, très vite ça monte.  C’est simple, sur cette portion, on passe de 600 à 1800 m de dénivelé, la claque.

Je trouve des connaissances sur le parcours : on se fait quelques selfies. Quand même, le plaisir est là!

J'ai couru le Cross du Mont Blanc !
J'ai couru le Cross du Mont Blanc !
J'ai couru le Cross du Mont Blanc !

Je vous avoue que j’ai du mal à lever le nez pour apprécier le paysage car je reste focus sur mes pieds.

Des cailloux, des racines , des trous, si je lève les yeux et c’est le vol plané assuré.

Km 14-15, ça  monte pas mal, puis km 17 ça monte carrément ! Et on est en plein cagnard. Ah oui c’est beau...mais on souffre. 

Puis ça descend ... alors sur la courbe du parcours depuis mon canapé, la veille, je me disais: " C’est sympa là. Tu peux dérouler puis rattraper ton retard éventuel."

BAH NON tu ne peux pas. Ce n'est qu’une succession de racines énormes  et de cailloux qu’il faut éviter. Impossible de courir, tu te concentres pour positionner ton pied pour ne pas trébucher ! Tu perds presque plus de temps là qu’en montant et ça dure une éternité.

Là je râle : mais c’est quoi ça ? De l’alpinisme, de la rando, de la course à pied?

Ce qui me rassure, c’est qu’on approche le km 18 et donc la 2eme barrière horaire !

J'ai couru le Cross du Mont Blanc !
J'ai couru le Cross du Mont Blanc !

On avance tant bien que mal et tout le monde râle un peu autour de moi. C’est assez marrant quand j’y repense.

J’étais bien niveau timing, j’avais 35 minutes pour faire 500 m. Tranquille, j’ai tapé la pose devant une jolie cascade puis pris quelques photos du paysage. On commençait à voir les sommets enneigés de plus près.

Puis les km continuent de défiler et au km 19, je me demande où est la barrière horaire que je  ne vois toujours pas au loin.

L’heure fatidique  approche et je suis inquiète. Le moral en prend un coup.

J’arrive à la fameuse cote de la Flégère, l’enfer commence. Je vais me rappeler de cette piste de ski que j’ai monté en plein cagnard toute ma vie je pense !

Le chrono tourne et je n’en vois pas le bout. Voir les coureurs tout là-haut et toi au début de ce calvaire c’est l’horreur.

Je monte comme je peux. C’est le drame. Je marche péniblement, je m’arrête, je n’arrive pas à respirer, je suis essoufflée comme après un fractionné de 200 m. Je ne comprends pas bien ce qui m’arrive je n’ai jamais ressenti une sensation pareille.

 Je comprends que je gère mal l’altitude. Mon corps ne comprend pas plus ce qu’il lui arrive  et cherche l’oxygène .

Arrivée à la barrière horaire, j’ai 5 minutes de trop à ma montre et je sais que c’est fini.

On me découpe un bout du dossard et le bénévole me dit qu’il faut redescendre par le télésiège, la course est finie pour moi. Dure sentence !

Ce n’est pas un abandon de ton fait, on ne te laisse pas continuer ce n’est pas pareil. C’est la règle… que tu acceptes.

C’est sûr, je suis déçue car j’étais prête à continuer, prête à découvrir la suite du parcours il ne restait que 5 km. J’avais fait le plus dur. Même si la suite l’est aussi ça restait 5 km à boucler contre 20 que je venais de faire.

Je ne suis pas la seule à être déçue. Certaines personnes pleurent même autour de moi. C’était tellement d’effort, je comprends,  c’est rageant.

Petit à petit, je sors de ma bulle, et  je réalise que le paysage est magnifique et je me détends. Je fais quelques photos  avec la montagne enneigée derrière moi.  Je deviens plus objective, ce qui n'est pas si simple avec la fatigue, et ma fixette sur les barrières horaires des dernières heures. Je prends conscience que je viens de vivre une belle aventure malgré tout. J’appelle mes proches pour les rassurer, je suis vivante !

C’est sans doute la course la plus difficile que j’ai jamais courue. Et tu apprends tellement sur toi dans cet exercice. Sortir de sa zone de confort est coûteux mais apporte tellement.

Je suis partagée, j’hésite,  je ne sais pas si revenir. Je dois avouer que sur le coup je n’étais pas pour et finalement quand même j’ai bien envie de la finir cette course un jour. J’ai le parcours en tête, je ne partirais pas dans l’inconnu.

C’était tellement beau. Je redescend sur Chamonix...

Pour finir mon jour d’anniversaire, j’ai eu la chance de pouvoir assister à la conférence de presse du plateau élite du marathon qui se tenait dimanche. Tous les athlètes ont présenté leur stratégie de course. C’est une course mythique ils le disent tous, Chamonix c’est the place to be !

Voici ce que cela a donné pour eux : 

CLASSEMENT HOMME

Clas.

Doss.

Prénom Nom

Temps

Ecart / 1er

Pays

1

1

Kilian JORNET BURGADA

03:54:54

00:00:00

ESP (Espagne)

2

5

Marc LAUENSTEIN

03:58:15

00:03:21

SUI (Suisse)

3

3

Stian ANGERMUND-VIK

04:00:07

00:05:13

NOR (Norvège)

4

9

Thibaut BARONIAN

04:00:49

00:05:55

FRA (France)

5

4

Aritz EGEA

04:02:28

00:07:34

ESP (Espagne)

CLASSEMENT FEMME

Clas.

Doss.

Prénom Nom

Temps

Ecart / 1er

Pays

1

52

Ruth CROFT

04:37:30

00:00:00

NZL (Nouvelle-Zélande)

2

51

Ida NILSSON

04:39:37

00:02:07

SWE (Suède)

3

61

Eli GORDON

04:41:01

00:03:31

ESP (Espagne)

4

58

Anne Lise ROUSSET

04:53:04

00:15:34

FRA (France)

5

50

Megan KIMMEL

04:55:05

00:17:35

USA (Etats-Unis)

 

J’ai eu ma petite photo avec Kiki, trop contente d’avoir pu échanger quelques mots avec lui en espagnol, même s’il parle parfaitement bien français. Une personne discrète, modeste, toute en gentillesse et un monstre d’athlète !  

La photo est floue, dommage mais j'allais pas lui dire : on la refait Kilian,elle est pas instagrammable !

La photo est floue, dommage mais j'allais pas lui dire : on la refait Kilian,elle est pas instagrammable !

Il y a de quoi se faire plaisir dans ces montagnes pour l'évènement. Tu as  le Kilomètre vertical, le 10 km, le duo  étoilé -17 km à 2 le soir avec ta frontale-, le cross pour enfants et les distances plus impressionnantes comme le 90 km ou le marathon. Il y a mille raisons pour revenir ! Et les paysages sont tout aussi magnifiques dans tous les formats car le terrain de jeu est paradisiaque.

Alors Cham, on va se revoir c'est sûr !

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